Schéma de branchement prise 3 fils pour prise murale, multiprise et rallonge

On raccorde une prise murale, on câble une rallonge de chantier, on remplace une multiprise dont le fil chauffe. Dans les trois cas, le schéma de branchement repose sur les mêmes 3 fils : phase, neutre, terre. Ce qui change, c’est la façon de les connecter selon le support, et les erreurs à ne surtout pas reproduire d’un montage à l’autre.

Terre sur prise murale : le fil que les rallonges oublient trop souvent

Sur une prise murale encastrée, le branchement des 3 fils suit un ordre logique imposé par la borne du mécanisme. Le fil de terre (vert-jaune) se raccorde à la borne centrale supérieure, repérée par le symbole de mise à la terre. La phase (rouge, marron ou noir) et le neutre (bleu) se connectent sur les deux bornes latérales.

L’ordre phase-gauche ou phase-droite n’a pas d’incidence sur le fonctionnement d’une prise domestique classique. Seule la terre doit impérativement occuper la borne centrale. C’est elle qui évacue un défaut d’isolement vers le piquet de terre et déclenche le différentiel en cas de fuite.

Sur une rallonge ou une multiprise bas de gamme, on constate régulièrement que le fil de terre est soit absent, soit raccordé mais non relié côté fiche mâle. Ce défaut passe inaperçu jusqu’au jour où un appareil métallique présente un défaut. L’absence de continuité de terre transforme alors la rallonge en maillon faible de toute l’installation.

Vue aérienne d'un schéma de branchement pour multiprise avec fils phase neutre et terre disposés sur un établi

Schéma de branchement prise 3 fils : câblage pas à pas selon le support

Prise murale encastrée

On dénude chaque conducteur sur la longueur indiquée par le gabarit du mécanisme (souvent repéré directement sur le boîtier). On insère le vert-jaune dans la borne de terre, puis la phase et le neutre dans les bornes latérales. On vérifie le serrage ou le clic de la borne automatique, puis on fixe la plaque.

Rallonge 3 fils avec fiche mâle et prise femelle

Le piège classique d’une rallonge, c’est d’inverser le sens de la broche de terre entre la fiche mâle et la prise femelle. Sur la fiche mâle, la terre correspond au trou central (la broche métallique qui dépasse). Sur la prise femelle, c’est la languette métallique visible au fond du connecteur.

Chaque fil doit rester sur la même fonction d’un bout à l’autre du câble. On repère la couleur vert-jaune côté mâle, on la retrouve côté femelle sur la borne terre. Même logique pour la phase et le neutre.

Multiprise à câbler soi-même

Les boîtiers multiprises vendus « vides » (sans cordon moulé) se câblent comme une succession de prises en parallèle. On alimente chaque alvéole depuis un seul jeu de 3 fils, en pontant d’une borne à la suivante. La section du câble d’alimentation doit être adaptée à la charge cumulée de tous les appareils branchés.

  • Vert-jaune sur chaque borne de terre de chaque alvéole, en continu jusqu’à la fiche mâle.
  • Phase (marron ou rouge) pontée d’alvéole en alvéole sur les bornes latérales correspondantes.
  • Neutre (bleu) ponté de la même manière sur l’autre rang de bornes latérales.

Section de fil et protection disjoncteur : ce qui conditionne la sécurité du circuit

Le schéma de branchement ne suffit pas si la section du conducteur ou la protection en amont sont inadaptées. La norme NF C 15-100 encadre ces deux paramètres de manière stricte pour les circuits de prises.

  • Un câble en section 1,5 mm² se protège par un disjoncteur 16 A et alimente au maximum 8 prises sur le circuit.
  • Un câble en section 2,5 mm² se protège par un disjoncteur 20 A et autorise jusqu’à 12 prises sur le même circuit.
  • Le différentiel 30 mA en tête de rangée reste obligatoire : c’est lui qui détecte les fuites de courant vers la terre.

Pour une rallonge ou une multiprise, on applique la même logique de dimensionnement. Un cordon en 1,5 mm² alimentant quatre appareils gourmands (radiateur d’appoint, bouilloire) risque de chauffer si la somme des puissances dépasse la capacité du câble. Les retours varient sur ce point, mais la règle de terrain reste simple : on ne branche jamais un appareil de chauffage sur une multiprise.

Prise de rallonge électrique démontée révélant le câblage trois fils avec phase neutre et terre identifiés par couleur

Nombre de prises par pièce : pourquoi la norme veut limiter les multiprises

La NF C 15-100 fixe des minimums de prises murales par pièce pour réduire le recours permanent aux multiprises et rallonges. Un séjour de moins de 28 m² doit disposer d’au moins 5 prises. Au-delà de cette surface, le minimum passe à 7. En cuisine, la norme impose au moins 6 prises dont 4 au-dessus du plan de travail.

Ces exigences, réaffirmées dans les guides 2024-2025, ont un objectif direct : chaque appareil fixe doit avoir sa propre prise murale. La multiprise devient alors un dépannage temporaire, pas une solution d’installation. Quand on câble une prise murale supplémentaire plutôt que de rajouter une rallonge, on élimine un point de surchauffe potentiel et on sécurise le circuit via le disjoncteur du tableau.

Autre point souvent ignoré : depuis novembre 2015, la norme impose au moins deux prises modulaires 2P+T 16 A directement dans le tableau électrique (ETEL). Ces prises servent à alimenter temporairement un outil ou un appareil dans la zone technique, sans tirer de rallonge depuis une pièce voisine.

Brancher une prise 3 fils reste une opération accessible, à condition de couper le courant au disjoncteur général avant toute intervention. On vérifie l’absence de tension avec un VAT avant de toucher aux conducteurs.

Le schéma ne change pas entre une prise murale, une rallonge ou une multiprise : vert-jaune sur la terre, bleu sur le neutre, couleur chaude sur la phase. Ce qui fait la différence entre un montage fiable et un montage à risque, c’est le respect de la section de câble, la continuité de la terre sur toute la longueur, et le bon calibre de disjoncteur en amont.

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